NOTRE QUARTIER : LES CAPUCINS

Lorsque l’on évoque Carcassonne, tout le monde pense à la cité médiévale…

Et pourtant, depuis 1247, la ville basse appelée aussi bastide Saint Louis est née. Elle est fortifiée et restera dans son enceinte jusqu’au 18 ème. Alors, naît un quartier riche en histoires : celui de la « Maison du grand Cèdre » : le quartier appelé aujourd’hui « les Capucins ».

Dès le 16 ème Carcassonne était une ville réputée pour ses fabriques de drap.

Déjà le quartier des Capucins comportait, entre autres, un vaste pré servant au séchage des pièces de drap : cet endroit s’appelait « le tenda » (étendoir, séchoir).

Au 17 ème siècle, la politique de Colbert* amena la production drapière à son apogée ;

Au 18 ème, lorsque les casernes furent construites un certain Laraignon, laveur de laine possédait un grand terrain à l’ouest des bâtiments militaires.

Peu à peu, le quartier se structura avec de petites maisons destinées au repos du guerrier pour les militaires, mais aussi au logement d’une population d’ouvriers drapiers.

Au cours de la première moitié du 19 ème, la modernisation de la ville de Carcassonne s’amplifia et le quartier désormais appelé « Laraignon » continua son urbanisation.
De nouvelles rues furent créées portant des noms rappelant les activités de cette époque liées au drap ; par exemple : rue des Amidonniers, rue des Rames (sortes de perches servant à étendre les pièces de drap ou de peau pour éviter le contact avec la chaux).

Vers la fin du 19 ème le quartier Laraignon représentait plus de 3000 habitants. A cette époque

l’ordre des Capucins prit possession de son nouveau couvent.

Le quartier allait désormais prendre son nom actuel « les Capucins ».

La 3 ème République, anticléricale les chassa à la fin du 19 ème et ils s’exilèrent en Espagne.

Cependant certains frères Capucins, clandestinement portèrent secours aux malheureux ouvriers victimes du chômage au cours de terribles hivers du début du 20 ème siècle.

Le couvent devint hôpital auxiliaire pendant la guerre de 14-18.

Après la fin des hostilités courant 1920 les religieux reprirent possession de leur maison.

Et depuis 2003, le couvent, rasé, s’est transformé en résidences

Côté boulevard, boulevard « Barbès », ce fut une succession de noms :

. en 1591 : boulevard de la tour Grosse

. en 1840 : route royale 119 de Saint Giron à Carcassonne

 

Sur le boulevard Barbès, dès la fin du 19 ème on dénombre de nombreux cafés.

Au numéro 37 Philippe Emile Roumens (peintre, professeur de dessin et conservateur du Musée de Carcassonne où des œuvres sont exposées) meurt en juin 1825.

Colbert : Jean-Baptiste 1619-1683, fils d’un marchand drapier, homme d’Etat français sous Louis XIV. Se donne pour tâche de développer la vie économique et surtout l’activité industrielle et commerciale du pays. Il attire en France et donc à Carcassonne par des subventions des fabricants étrangers qui y introduisent l’art de la draperie.

Carcassonne devient une manufacture royale. Il règlemente très étroitement les fabrications qu’il fait contrôler sévèrement ; des échantillons des draps envoyés à Paris sont entreposés à la bibliothèque de Carcassonne.

Il fait creuser le canal du Midi.

C’est aussi à son époque que le marbre de Caunes-Minervois (village près de Carcassonne) connaît sa notoriété et est ainsi utilisé pour la décoration du Grand Trianon à Versailles ainsi que pour le palais Garnier à Paris et la basilique Saint Sernin à Toulouse.